KARIM LOUISAR – Un pilier de la musique zouk | E-Mag Events

KARIM LOUISAR – Un pilier discret de la musique zouk

La musique est très souvent une histoire d’héritage. Pour Karim Louisar, ce sont les disques de la Montown que collectionnait son père qui donna à Karim la passion de la musique. Sa mère, de son côté lui a fait connaître la musique créole. C’est loin du Congo, pays d’origine de son père, dans la région parisienne que dès son plus jeune âge son entourage remarque son oreille musicale. Après un retour au source à Brazzaville, il participe à différents projets artistiques. En lisant sa biographie, je suis agréablement surpris de le voir sur le générique du film « métisse » de Mathieu KASSOVITCH. Ni Karim Louisar, ni KL agency ne vous dit quelque chose, rappelez-vous bien de cela, c’est plus de 40 albums donc beaucoup sortis chez des majors. Si une chanson devait lui définir, ça sera « l’anmou pa méchan »

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TST : Karim Louisar, je suis surpris par la longévité de ta carrière. A l’heure où d’autres compositeurs ralentissent leur rythme, tu as participé sur des projets importants et d’actualité comme « Love.com » de l’artiste haïtienne Foxy Dana ou encore le titre « envie » pour L-Vis Phirmis. Avant cet interview, tu m’as dit que le titre qui résumerait au mieux ta carrière serait « l’anmou pa méchan »… Peux-tu m’expliquer un peu dans quel contexte a été fait ce titre?

Karim Louisar : Oui, en fait tout est parti de là. Dans ma bio il y a un passage qui dit que les rencontres que j’ai faite à Brazzaville étaient déterminantes. Un seul nom va résumer toute la suite : Tonton Ben (Positiver avec Passi en featuring). En 1986, Tonton Ben était comme un grand frère alors que je n’étais qu’un ado sans discipline, sans projets précis, mais très aventurier et passionné d’ordinateur (cf. atari) de musique et de danse. Tonton Ben est l’oncle maternelle de Passi (d’où le préfix tonton) il est, avec le célèbre rappeur, à l’origine de la couleur Afro hip hop du concept Bisso Na Bisso. En 1998, Passi passe chez moi un soir à l’improviste comme d’habitude, je lui ai été recommandé par Tonton Ben, écoute des instrus que je préparais pour divers projets, flash sur l’instru de « l’anmou pa méchan » et m’ouvre les portes des gros éditeurs « Delabel éditions » puis « EMI Publishing » Je passe de l’atari à Pro tools et ma carrière prend un tournant car je deviens professionnel. Depuis, les commandes de son arrivent directement de la part des artistes, des majors ou des labels indépendants : « Secteur Ä », « Section Zouk« , « Couleur Music », « Sony / BMG », « Warner »â€¦ On disait de moi « C’est le mec qui a fait le zouk du Bisso Na Bisso ». Mon souhait est de faire une émission de télé avec tous les artistes avec lesquels j’ai collaboré à l’image du plus grand cabaret du monde de Patrick Sébastien. Le disque d’or qui m’a été décerné (450.000 exemplaires à ce jour) est dans mon studio d’enregistrement et je dis aux artistes avec qui je bosse que c’est l’objectif à atteindre… (Rigolos s’abstenir) mdr… J’avoue ça met la pression.

TST : Karim, justement, en tant qu’un des représentants de la « culture zouk », n’as-tu jamais eu l’impression que la musique zouk est ghettoïsée? Même s’il y a eu de timides tentatives de passer du zouk sur des radios nationales comme NRJ ou Ado par exemple ?

Karim Louisar : Wouaou le statut me fais rougir, ça ne se voit pas comme ça mais c’est très intérieur mdr…C’est important pour moi d’être reconnu dans la culture antillaise car mes origines variées et mon prénom musulman ne me prédisposaient pas à être un ambassadeur du zouk. Le zouk « ghettoïsé » en France, ce n’est malheureusement pas qu’une impression mais une triste réalité. Je suis un fan du carnaval de Londres, j’y vais régulièrement depuis plus d’une quinzaine d’années car j’ai de la famille sur place. Les artistes Jamaïcains sont des artistes internationaux, ils passent sur toutes les radios nationales au même titre (voir plus) que les artistes anglais George Michael ou Elton John. Il n’y a pas la notion de « ghetto » ou « national » par contre il existe l’underground et c’est tellement diffusé et médiatisé que ça donne un effet national en Angleterre. On remercie internet qui nous donne un espace d’expression et certaines radios que tu as cité sont obligées de faire un minimum car les étrangers ont l’impression qu’il n’y a pas d’artistes antillais en France et qu’il n’y a pas de nanas blacks dans le Rn’B en France, elles sont pourtant là.

TST : Effectivement, les radios (web ou hertziennes) antillaises existent, de même que les soirées. Le zouk est avant tout une musique de jeunes, friands de téléchargements (malheureusement souvent illégaux). Fais-tu parti des musiciens qui défendent leurs droits SACEM ou es-tu de ceux qui prônent la libre circulation de la musique de façon « free »?

Karim Louisar : Le débat sur le téléchargement est infini comme un débat de religion ou de politique. Hier, les maisons de disques se frottaient les mains parce qu’internet limitait considérablement les frais de communication et de pub. Aujourd’hui, on se lamente, mais je pense que c’est tout à fait possible d’empêcher le téléchargement illégal ce n’est qu’une question de volonté politique, seulement les mêmes politiques ont énormément investi pour en arriver là, on est dans l’impasse. Les maisons de disques ont développé des produits dérivés qui compensent le manque à gagner lié au téléchargement illégal: Les sonneries portables, les objets publicitaires, les concerts etc. Les labels plus petits ont plus de mal à compenser. La libre circulation sur le net c’est exactement comme à l’époque ou l’on enregistrait sur cassettes les musiques qui passaient à la radio…. En ce qui concerne les soirées, les organisateurs sont tenus de déclarer les programmations musicales. Je défends les droits des artistes en général mais je ne suis pas contre la libre circulation de la musique, les professionnels devraient se réunir pour trouver une solution mais à mon avis si le téléchargement illégal demeure c’est que ça profite à certaines personnes qui ne veulent pas ou ne peuvent plus reculer.

TST : Tu as parlé de la volonté de faire une émission où seront réunis sur le même plateau tous les artistes, toutes les stars avec qui tu as collaboré. N’as-tu pas quelques conseils à prodiguer aux jeunes qui souhaitent devenir chanteur ou musicien? Et sans être indiscret, n’as-tu pas un projet immédiat dont tu souhaiterais nous faire part sur email-events ?

Karim Louisar : Je terminerai en félicitant le travail formidable fourni par l’équipe d’email-events d’une part et d’autre part c’est la première fois que je ne suis pas obligé de recentrer la totalité de l’interview sur Passi ou le Bisso Na Bisso en qui pourtant j’ai énormément de reconnaissance. Je dis toujours aux jeunes qui attendent de faire un premier projet pour être connus et reconnus que tout le monde à sa chance, c’est n’est qu’une question de moment. Être au bon endroit au bon moment avec les bonnes personnes et votre destin bascule. Mon actu c’est la préparation des albums solo de Milca, L-Vis Phirmis, Little C, Keny Wils, Izly, Martyn‘ Carrière et Mister Kicks pour 2010. Je ne pouvais pas conclure sans remercier le public qui me soutient depuis le début de ma carrière musicale. Bonne continuation à tous et encore un grand respect pour cette initiative. A très bientôt.

www.myspace.com/kreeml

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