Xavier Harry, je jazz caribéen | E-Mag Events

Xavier Harry, je jazz caribéen

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Rencontre avec Xavier Harry compositeur, et pianiste de Jazz de 31 ans.

EE: Quand avez vous commencé votre carrière dans la musique ?

XH: Ma carrière professionnelle a véritablement commencé en 2004 lorsque j’ai réalisé une tournée en Guyane au mois de novembre. A cette occasion, j’ai pu présenter la création de mon spectacle « Miroir » (musique, poésie et projections d’images) qui est un hommage à la Guyane française. Sinon, il faut savoir que j’ai commencé la musique à l’âge de 17 ans en 1996. Mon parcours musical a commencé par le suivi de cours privés en musique classique. Mais très tôt, j’ai composé et cela s’est avéré être très rapidement du jazz caribéen. Quant aux concerts, j’en ai fait très tôt en amateur, dès le début de mon apprentissage que ce soit par le biais de la fête du lycée (où j’ai notamment joué du jazz avec le morceau « Petite Fleur » de Sydney Béchet) ou de tournées organisées en Lozère pour présenter des œuvres classiques.

EE :  D’où vous vient le goût pour la musique ?  y a t-il d’autres musiciens dans votre famille ?

XH: Mon goût de la musique et surtout pour le jazz vient de mon père. Il était saxophoniste en Guyane notamment dans l’orchestre de Georges Théolade pour ceux qui connaissent. Je me souviens que mon père écoutait beaucoup de la musique du pays mais surtout du jazz et c’est ça qui m’a le plus marqué. Aujourd’hui, je suis un féru de jazz et je pense que ça vient de là.

EE:  Comment en êtes vous venu au « jazz caribéen » ? N’est-ce pas un choix atypique pour un jeune artiste ?

XH: Et bien ce choix s’est imposé à moi. La caraïbe, c’est mes racines. Comme je le disais précédemment, à travers mes 1ères compositions, c’est cette teinte créole qui est apparue. La marier avec le jazz n’a pas été très difficile car le jazz permet ces mélanges qui sont très intéressants. Est-ce un choix atypique ? Probablement mais en même temps cela me permet de proposer quelque chose de différent et qui se distingue de lui-même. Et puis le jazz caribéen est un peu la synthèse de ce que je suis, le mélange entre ma culture européenne et ma culture domienne.

EE: Qui sont vos modèles en matière de jazz ?

XH: En numéro 1, je dirais sans hésiter Michel Petrucciani. Il reste le pianiste dont j’essaie de suivre l’exemple musical. Je me souviens en train d’écouter son  disque « Playground » en me disant que c’est ça que j’ai envie de faire et que je veux devenir professionnel. Puis il y aussi Keith Jarret pour sa mélancolie exacerbée mais tellement magnifique que l’on peut lire à travers sa musique. Sans oublier, Omar Sosa pour ses mélanges de musiques noires, Bill Evans, Brad Meldhau, et bien d’autres encore…

EE:  Selon vous le « Jazz carribben » est t’il suffisamment médiatisé ? La reconnaissance de cette musique est t’elle comme le zouk plus importante à l’étranger qu’en métropole ?

XH: Alors là absolument non car le jazz caribéen n’est pas suffisamment médiatisé. Mais en même temps, c’est bien comme ça car il reste un effet de surprise, de découverte. Donc cela veut dire qu’il a l’avenir devant lui. Je remarque que le public qui vient me voir, et qui pour une majorité connaît très peu ce style, est très agréablement surpris par cette découverte. Et puis le public de métropole est en quête d’exotisme, de nouveauté et il reçoit cette musique de manière très positive. Il se met même à danser dans la plupart des cas !! Pour l’étranger, je ne sais pas trop si c’est plus médiatisé qu’en métropole.

EE: Arrivez-vous à bien vivre de sa musique ?

XH: Oui j’arrive à en vivre à travers les concerts que je donne soit au Baiser Salé (tous les mois), dans des salles, des festivals et aussi à travers les cours de piano que je dispense. Ces cours me permettent de transmettre ma passion à travers la musique classique et le jazz.

EE:  Affectionnez-vous d’autres genres musicaux ?

XH: Bien sûr, j’ai un petit penchant pour la musique pop/rock que j’essaie de retranscrire à travers mes compositions. Je pense à U2, les red hot chili peppers. J’aime aussi la soul, le funk, le blues en gros la « black music ». Sans oublier la musique classique dont certaines œuvres me font vibrer. Mon œuvre classique préféré reste « les Variations Goldberg » de Bach interprétés par Glenn Gould.


EE: Avez-vous déjà envisagé de mélanger le « Jazz carribeen » et d’autres musiques ?

XH: Je le fais en invitant par exemple des artistes issus d’autres styles pour créer ces mélanges. Dernièrement, c’est une harmoniste, Rachelle Plas, que j’ai invité. L’entendre jouer de l’harmonica sur une biguine c’était vraiment très intéressant. Une autre fois, c’était une chanteuse de soul music, Amalya, et là aussi, ça a été très planant, très intéressant, une rencontre entre deux mondes.

EE: Avec quels artistes aimeriez-vous travailler ?

XH: Si l’occasion m’était donnée, j’aimerais bien travailler avec Jocelyne Beroard. J’adore sa voix. En jazz, ce serait Dee Dee Briggewater.


EE: Pouvez-vous décrire un peu ce que représente pour vous, la Guyane ?

XH: La Guyane représente tellement de choses. Elle est la terre de mes ancêtres, la terre de mon histoire.  Elle est le point de départ qui m’a permis d’être ce que suis aujourd’hui. La rencontre avec la Guyane reste un moment important et avoir pu traduire cela par le spectacle multiculturel « Miroir » (musique, poésie et projections d’images) est un honneur et une chance. Ce département gagne à être connu par sa spécificité culturelle. Je suis content aujourd’hui de la faire découvrir à travers mon travail musical.

Merci Harry Xavier!

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